Fiche documentaire

Vermorel

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Couverture du catalogue Vermorel 1911, imprimé par Lamarsalle, Villefranche-sur-Saône
Fondation de l’automobile Marius Berliet - Lyon (1911)

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Publicité pour la 12/16 HP Vermorel, La vie lyonnaise n°67, 10 décembre 1921
Fondation de l’automobile Marius Berliet - Lyon (1921)

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Voiture Vermorel dans les gorges des “Grands Goulets”, 1920
Fondation de l’automobile Marius Berliet - Lyon (1920)

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Voiture Vermorel à Saint-Pierre, Rhône, 1919
Fondation de l’automobile Marius Berliet - Lyon (1919)

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Camion sanitaire et camions Vermorel dans un parc de stockages de véhicules destinés au transport de soldats et de munitions sur la Voie sacrée
Fondation de l’automobile Marius Berliet - Lyon

Lorsque Victor Vermorel vend sa première voiture en 1898, c'est déjà un industriel qui a réussi dans la production d'appareils agricoles pour le traitement de la vigne.

Tout a commencé en 1843 lorsque Antoine, le père de Victor, s'établit à Fareins dans l'Ain, et invente un appareil à séparer le grain de la balle. Il s'installe ensuite à Villefranche en 1852. Son fils, Victor, né en 1848, se forme à l'atelier paternel à 15 ans. En 1870, à la mort de son père, il prend en mains l'entreprise familiale. Il épouse en 1878 Georgette Pierre, tous deux vont faire prospérer l'affaire.

Vermorel lance en 1884 le pulvérisateur contre le mildiou qui connaît un éclatant succès. Plus d'un million d'appareils seront vendus avant la Première Guerre mondiale. Il construit en 1890 une nouvelle usine à Villefranche qui s'étendra progressivement sur 40 hectares.

L'automobile est alors dans l'air du temps. Victor Vermorel veut tenter cette nouvelle aventure tout en conservant l'activité initiale qui marche bien. En association avec François Pilain qui a également succombé au virus ambiant, les Ets Vermorel construisent et vendent leur première voiture en 1898.

C'est une voiture simple, robuste, dotée d'un moteur bicylindre horizontal de 10ch,  transmission par cardans avec démultiplicateur dans les roues et boîte de vitesses qui fait bloc avec le moteur. Ce modèle de base évoluera jusqu'en 1905. 4 à 5 voitures seront vendues par mois.

Vermorel engage alors ses voitures dans la compétition, notamment dans les courses de côte où la marque s'illustre en 1908 avec une 12ch. 1913 est également une année faste avec plusieurs succès en France. C'est Edouard, fils de Victor, qui remporte la course du Mont Ventoux en août 1913. L'année suivante, la voiture 12ch type L gagne la course du Tibidabo à Barcelone.

La production continue après la Première Guerre mondiale. Voici ce qu'écrit au lendemain du Salon de l'Automobile de Paris, à l'automne 1924, la revue Omnia sur les trois types de châssis Vermorel présentés: " La gamme de puissance choisie par la Maison Vermorel comporte: un châssis 10/12 ]HP, 4 cylindres 70 x 110; un châssis 12/16HP, 4 cylindres 77x130; un châssis 15HP, 4 cylindres 80x130. Les châssis Vermorel se prêtent également à l'installation de carrosseries camionnettes de toute espèce: série, boulangère, normande, livraison."

La production de véhicules utilitaires restera marginale. Un camion de 3 tonnes primé au concours militaire de 1911 ne connaîtra qu'une diffusion limitée. Par contre, le type P, qui sera également primé en 1913, sera livré à 200 exemplaires à l'Armée pendant le premier conflit mondial. La gamme évoluera jusqu'en 1928, date à laquelle un châssis de type AD sera proposé pour la réalisation d'un autocar alpin de16 places.

A l'automne 1927, Victor Vermorel meurt; sa femme le suit deux ans plus tard. Edouard, qui a succédé à son père, met un terme aux activités automobiles particulières et utilitaires en 1930. 7800 véhicules ont été produits depuis l'origine. Secteur à faible rentabilité, dépression économique fatale à de nombreux constructeurs, solide position dans le machinisme agricole, autant de raisons qui expliquent ce recentrage.

Les compétences accumulées dans le secteur automobile vont servir à élargir la gamme de machines agricoles et à proposer des appareils automoteurs. En 1953, la famille cède l'entreprise à Philips et Pain qui, en 1961, la cède à son tour à Bronzavia. Cette dernière fera disparaître Vermorel du paysage caladois en 1965.