Fiche documentaire

Société des Constructions Mécaniques Mota
Berliet et ses fournisseurs: la Société des Constructions Mécaniques Mota, extrait de Berliet Informations n° 199, mai juin 1974

Les gens heureux n'ont pas d'histoire. Les pièces qui, sur un camion, ne posent pas de problème connaissent un sort analogue, en ce sens qu'elles passent inaperçues. Qui se soucie, en effet, des échangeurs thermiques d'un poids lourd? Indispensables au fonctionnement d'un moteur, ils ont pour rôle d'évacuer les calories dégagées par le moteur, au moyen de circuits d'eau, d'air et d'huile. Ce sont des régulateurs de température.

Depuis 1971, la Société des Constructions Mécaniques Mota à Marseille approvisionne Berliet en "échangeurs thermiques". Cette firme compte parmi les fournisseurs les plus coopératifs. Aucun retard dans les délais de livraison, aucune malfaçon, ne sont venus entacher plusieurs années de parfaite collaboration entre les Sociétés de Vénissieux et de Marseille.

Raymond Mota, Président Directeur Général, n'hésite pas à se déplacer en personne pour collaborer avec les techniciens de Vénissieux. Son esprit de coopération s'exerce aussi bien dans le domaine technique que sur le plan économique. Il s'attache, avec persévérance, à réduire les prix de revient alors que partout ailleurs les prix flambent. Sa devise "qualité, délais, prix".

Un esprit d'innovation

En 1952, Raymond Mota, âgé de 27 ans, dirige un atelier de mécanique à Marseille. L'affaire groupe alors, sur 300m2, quatre ouvriers et trois machines-outils. Il fournit à la ville de Marseille des prises d'eau destinées à l'alimentation urbaine.

De 1955 à 1960, il se spécialise dans la fabrication d'outillage d'usinage, moules et coquilles destinés aux industries plastiques et fonderies. Il prend alors un brevet sur la normalisation des outillages de moulage.

En 1961, la Société Mota se transporte au quartier de la Timone, à son emplacement actuel. La superficie des locaux passe de 300m2 à 2400m2 et le nombre des machines-outils à 42. L'activité est principalement orientée dans les travaux de sous-traitance.

Après de nombreuses recherches, Raymond Mota dépose un brevet sur un mélangeur disperseur et sur un plateau diviseur tournant sur coussin d'air. Ces appareils sont alors vendus en France, Hollande, Belgique, Angleterre, Espagne, Algérie. Vers 1970, le marché potentiel, principalement en ce qui concerne les mélangeurs disperseurs, se trouve bientôt saturé. Raymond Mota, Président du Syndicat de la Mécanique Régionale, cède les brevets à un collègue mécanicien. Son esprit inventif se fixe un autre objet. Il s'oriente alors vers les échangeurs thermiques de petites dimensions. Cette fois, le marché est illimité. Il porte sur tous les moteurs industriels et marins, les réducteurs, les convertisseurs, etc.

Aujourd'hui, l'usine groupe 48 personnes dont 6 ingénieurs et cadres et 7 agents de maîtrise. Opérateurs et chefs de groupe sont hautement qualifiés. L'équipement en matériel compte 38 machines-outils, dont 11 à commande numérique.

L'usine possède, en outre, un laboratoire de recherches thermiques très évolué, qui étudie:

Les performances thermiques dans les conditions de fonctionnement imposées (c'est-à-dire puissance calorifique à évacuer, débits et températures des fluides),Les pertes de charges,Le comportement du matériel sous l'effet des chocs thermiques programmés de +900 à -200°C. 

Le chiffre d'affaires de la société s'est élevé, en 1973, à 7,9 millions de francs. La prévision pour 1974 se chiffre à 12 millions de francs: 5% de cette somme sont consacrés à la recherche.

La production à ce jour est de 4300 appareils par mois. Dans ce chiffre sont inclus les échangeurs destinés à tous les constructeurs français de véhicules industriels, à Pont-à-Mousson, aux moteurs Baudoin et à des applications diverses.

Fabrication

La conception et la réalisation de la plupart des échangeurs actuels portent encore l'empreinte des méthodes d'autrefois. Leurs techniques de fabrication sont plus souvent apparentées à la chaudronnerie. Avec l'évolution de l'industrie moderne, le champ d'application des échangeurs s'est considérablement élargi, notamment dans le domaine des appareils de faibles dimensions. Leurs techniques de fabrication ont beaucoup évolué. De nouvelles méthodes ont été récemment mises à la disposition de l'industrie mécanique.

Un échangeur est composé de 15 pièces différentes, dont voici les principales: 

Un corps aluminium, livré à Mota brut de fonderie (consommation annuelle d'aluminium: 120 tonnes, dont 36 pour Berliet).

2 calottes d'entrée et de sortie d'eau. Elles sont anodisées après usinage pour éviter les phénomènes de corrosion.

1 faisceau tubulaire en laiton UZ30 arsénié.

Des vis, rondelles, joints toriques, bouchons, etc.

Le nombre de tubes composant les faisceaux varie de 50 à 450 suivant les modèles. Ces tubes, qui proviennent d'une société d'étirage de Laigneville (140 tonnes par an), sont emmanchés sur des cloisons par presses hydrauliques avant sertissage et soudure sur les fonds d'échangeurs avec une brasure appropriée. Le faisceau ainsi obtenu est ensuite calibré avec une grande précision sur des tours à programmes électroniques.

L'usinage des corps et des calottes se fait sur des tourelles à commande numérique de huit outils. Ils fraisent, laminent, percent, taraudent et alèsent. Sur ces machines électroniques, Mota usine un corps de refroidisseur en 12 minutes pour un moteur Berliet de type MS635 et en 16 minutes pour un moteur Berliet de type V835.

Une chaîne de montage installée dans des locaux séparés assemble toutes les pièces constituant un appareil. Une fois terminés, les échangeurs subissent une épreuve à 7 bars de pression à l'air dans l'eau et un rinçage interne à l'huile pendant 3 minutes. Le nombre de rebuts dépistés par le contrôle qualité de cette société n'excède pas 0,5 pour 1000. La production annuelle de 47300 échangeurs a représenté en 1973 une valeur ajoutée de 83000 francs par personne.Pour 1974, on l'évalue à 120000 francs.

Berliet, premier client

Depuis 1972, Berliet vient en tête dans la longue liste des clients de la firme marseillaise, avec 33% de l'activité Mota. La taille des refroidisseurs varie en fonction de la puissance des moteurs.

Les efforts de normalisation et d'économie sont menés en étroite collaboration avec les ingénieurs de la Direction des Etudes et Recherches Berliet depuis 1971. A partir du bilan thermique du moteur, les techniciens des deux firmes ont défini ensemble plusieurs types de refroidisseurs. L'endurance de ceux-ci (sous le plus faible encombrement) est prévue pour une durée supérieure à 5 années.

Les livraisons mensuelles pour les moteurs se répartissent de la manière suivante:120X140: 140 refroidisseurs635: 900 refroidisseursMI 620X30 et MIS 620x3O: 200 refroidisseurs (prévision 1975)V800: 10 refroidisseursV835: 90 refroidisseurs.

 (Mai 1974)