Fiche documentaire

Berliet en Chine

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Délégation Berliet à Shangai, devant l’usine de dumpers inspirés du T25 Berliet, 1982
Fondation de l’automobile Marius Berliet - Lyon (1982)

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Ligne de montage des GCH, avec des moteurs fabriqués par l’usine de moteurs d’automobiles de Tchong Kong, usine d’automobiles de Setchouan en Chine, revue “La Chine”, août 1977
Fondation de l’automobile Marius Berliet - Lyon (Août 1977)

En 1921, de jeunes Chinois étaient déjà en formation chez Automobiles M. Berliet; l'un d'eux, Wan Tse, dont le père était à la tête des Tramways de Shanghai, s'intéressa même à la représentation de la marque dans son pays…

Plusieurs éléments ont été à l'origine du choix du marché chinois: un quart de l'humanité en 1960, un continent immense au relief tourmenté dans lequel la construction de pistes est moins coûteuse que celle de chemins de fer. C'est aussi la volonté d'ancrer dans le long terme des relations de véritable partenariat pour faire accéder ce pays, aux immenses besoins, à la technologie occidentale. 

Les relations commerciales ont démarré à la fin des années 1950, avant même la reconnaissance de la Chine Populaire par la France; elles se sont établies via Berliet-Maroc et la SADAB à Alger; 11250 véhicules ont été livrés entre 1959 et 1974, dont 3000 par le canal des deux filiales. Ces matériels, de moyenne et haute gamme, étaient, pour la plupart, tous chemins et tous terrains. L'approvisionnement en pièces de rechange a constitué un flux régulier de commandes. 

L'ambassadeur de Chine au Maroc fait part à Automobiles M. Berliet de l'intérêt que porte son pays à l'installation d'usines de camions en Chine. Chou en Lai, en 1963, visite les réalisations de Berliet Algérie et de Berliet Maroc

Une mission exploratoire en avril 1964 est suivie de négociations; le contrat de cession de licence de fabrication de 4 types de véhicules lourds est signé le 3 juin 1965:

Dumper T25 55 tonnes Tracteur 3 essieux moteurs TCO 90 tonnes Camion de chantier 3 essieux moteurs GCH 26 tonnes Camion tous chemins GLM 6x4 26 tonnes

Il s'agit d'un de transfert de technologie comprenant la fourniture de technique, de procédés, de formation. Lucien Paye, premier Ambassadeur de France à Pékin, estimait qu'il s'agissait du plus gros contrat de transfert de technologie signé par la Chine avec un pays non communiste.

A l'exposition de la Technique Française à Pékin en 1965, la Machinery Corporation fait visiter à la délégation Berliet des usines chinoises afin que le partenaire constate de visu l'état réel des moyens.

Le Département Licence Chine est créé le 21 juin 1965 au sein de la Division Berliet Entreprise: une structure flexible, transversale, dont l'objectif est d'assurer l'interface avec l'équipe des 35 techniciens et ingénieurs chinois qui resteront 12 mois à Lyon.

Un effort exceptionnel de formalisation des connaissances, de méthodes, de procédures a été entrepris pour que le savoir et l'expérience se transmettent par plans, notes, cahiers des charges. Pas seulement en interne, mais aussi auprès des sous-traitants. Un guide de "savoir-être" est élaboré et remis à chaque membre du personnel en liaison avec les stagiaires. Hébergés par l'entreprise et amenés par elle à un niveau efficace de connaissance de la langue, ils travaillent pratiquement sept jours sur sept, envoyant chaque semaine 100kg de documents à Pékin.

La Révolution Culturelle qui frappe alors la Chine interdit toute liaison avec le monde occidental. Cette équipe, rentrée en Chine en 1967, met en œuvre ce qu'elle a assimilé sans le moindre recours au constructeur.

Avec le retour de Deng Siao Ping, une nouvelle orientation d'ouverture économique se confirme en 1975. Mais l'industrialisation à l'étranger n'est plus un axe stratégique d'Automobiles M. Berliet, devenue filiale de la R.N.U.R.

Les liens tissés par Automobiles M. Berliet serviront la coopération franco-chinoise dans son ensemble: à la demande de François Ceyrac, Président du C.N.P.F., Paul Berliet préside en 1975 le Comité Chine qui deviendra trois ans plus tard le Comité France-Chine, oeuvrant au développement des relations économiques entre les deux pays. Il abandonne cette présidence en 1983 mais continue d'être considéré par les Chinois comme un "vieil ami", ce qui lui vaut d'être nommé, en 1998, membre d'honneur du Chinese Council for the Promotion of International Trade (CCPIT).