Fiche documentaire

Berliet en Algérie

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Finition des véhicules avant la livraison sur la chaîne, usine Berliet de Rouïba I -Algérie-, 1958
Fondation de l’automobile Marius Berliet - Lyon (1958)

En 1909, un camion Berliet à bandages relie pour la première fois Alger à Laghouat. La même année, une est construite à Alger. Trois ans plus tard, une seconde succursale est créée à Oran. Entre les deux guerres, Marius Berliet centre ses efforts sur la mise en place d'un solide réseau de concessionnaires dotés de pièces de rechange et de moyens de réparation professionnels. 

L'Algérie représente un important débouché pour les voitures et surtout les camions utilisés à la fois pour les transports de marchandises et pour les transports de personnes. Berliet démontre que des liaisons Nord-Sud peuvent aboutir avec succès. En 1926, c'est la première traversée avec des véhicules à trois essieux. En 1932, a lieu la première mission Diesel au Sahara avec une liaison Alger Gao et retour. 

En , Automobiles M. Berliet écoule 10 à 12% de sa production en Algérie. Les moyens de service sont développés au début des années 1950: en 1953, une nouvelle succursale est construite à Oran, et l'on agrandit celle d'Alger en 1955 1956. Entre 1959 et 1960, sont édifiées deux nouvelles succursales, à Constantine et à Ouargla. Avec un réseau riche de 35 concessionnaires, la pénétration de la marque atteint les 70%.

En 1956, dès avant le Plan de Constantine, Paul Berliet décide de construire une usine en Algérie. Différentes raisons sont à l'origine de cette position: réduire les frais de transport des véhicules en les assemblant sur place et considérer l'Algérie comme un trait d'union avec l'Afrique et donc une base d'expansion vers ce continent. Pour répondre à ces objectifs, Automobiles M. Berliet constitue une filiale en mai 1957: la Société Africaine des Automobiles M. Berliet, la S.A.D.A.B., plus connue sous le nom de Berliet-Algérie.

En juin 1957, à Rouïba, à 30km d'Alger, est édifiée une première tranche de bâtiments de 22000m2 et un an plus tard, le premier véhicule tombe de ligne. En octobre 1959, la deuxième tranche est terminée et couvre 55000m2. Début 1960, l'effectif est de 500 personnes, dont 80% d'Algériens. L'incorporation progressive de pièces fabriquées sur place se développe de même que la formation d'une main-d'oeuvre qualifiée. Fin , 5000 camions ont été montés. La cadence est de 6 unités/jour, l'effectif de 900 personnes.

Après la signature des accords d'Evian, Automobiles M. Berliet continue d'envoyer des camions démontés de France pour un assemblage local, assurant un volant d'activité à l'usine de Rouïba et couvrant des commandes africaines ou françaises. En 1967, l'Etat algérien crée la Société Nationale de Constructions Mécaniques: la SONACOME. Celle-ci a pour but de promouvoir l'industrie mécanique en Algérie et détient le monopole de l'importation de ces produits.

Dans le cadre du plan quadriennal 1970 1973 d'industrialisation, visant à mettre en oeuvre une industrie autonome avec un taux élevé d'intégration locale, SONACOME signe avec Automobiles M. Berliet, en , un accord portant sur la réalisation d'un complexe de fabrication de véhicules industriels et d'autobus à Rouïba, sur un contrat de licence et d'assistance technique et sur la cession de l'ensemble des installations de Berliet: en bref, la fourniture d'une usine "produits en mains". Un centre de formation spécifique est mis en place en Algérie en 1971: il formera 5000 personnes comprenant des ouvriers spécialisés, des ouvriers professionnels, des employés, des techniciens, des agents de maîtrise, des ingénieurs et cadres. La durée moyenne de formation est de 8 mois en France et de 10 mois en Algérie.

En novembre 1974, c'est le véritable début de la phase d'intégration avec les pièces mécaniques et le premier camion réalisé à Rouïba. Les unités de montage sont passées de 1540 véhicules en 1968 à 7000 en 1974, tandis que les équipements de tôlerie, emboutissage, forges commencent à être opérationnels. 3250 salariés travaillent à Rouïba, dont 250 personnes venant d'Automobiles M. Berliet en qualité d'assistance technique. 

Cette équipe locale est assurée de l'aide de 500 techniciens et ingénieurs qui fournissent, depuis Vénissieux, le soutien nécessaire à leurs collègues algériens. Cette association a également pour conséquence un effet de levier provoqué par Berliet qui entraîne ses fournisseurs et sous-traitants de Rhône-Alpes vers l'Algérie. A l'époque, le chantier de Rouïba qui s'étend sur 500 hectares est le second en importance dans le monde, après celui du complexe soviétique de Kama. Il est réceptionné en 1975 par le Président Boumedienne.