Fiche documentaire

Stradair

DB00474.jpg

Cabine Stradair, catalogue Stradair, 1965
Fondation de l’automobile Marius Berliet - Lyon (1965)

DB01056.jpg

Gil Delamare, démonstration du camion Stradair sur la piste de l’autodrome de Miramas, Bouches-du-Rhône, 1965
Fondation de l’automobile Marius Berliet - Lyon (1965)

Le Stradair mène la danse

Au début des années 1960, le marché de la livraison urbaine connaît une forte expansion. Berliet, solidement implanté dans les véhicules de moyen et gros tonnage, décide de lancer un véhicule de 5 tonnes de charge utile, catégorie où se trouve le gros de ce marché. Le principe qui sous-tend la définition du cahier des charges est d'offrir à l'utilisateur un produit proposant le même agrément de conduite qu'une voiture particulière. Le futur camion devait être performant, robuste, fonctionnel mais surtout confortable.

Trois années sont nécessaires pour mener à bien le projet car il s'agit d'un véhicule entièrement nouveau qui n'est en rien l'extrapolation d'un véhicule existant. Le Stradair sera ainsi équipé d'une suspension révolutionnaire: un combiné comprenant 6 coussins d'air et 4 ressorts. Cette suspension "Airlam" et un puissant moteur de 120ch autorisent des performances inhabituelles dans cette catégorie. Une cabine spacieuse, un plancher plat et un poste de conduite situé 35 centimètres plus bas que sur les autres camions correspondent aux caractéristiques d'une voiture particulière. Mais malgré un brillant démarrage, le Stradair ne sera qu'un demi-succès. Les difficultés rencontrées par le véhicule vont venir pour l'essentiel d'un changement brutal de la réglementation du transport en zone urbaine, avec une limitation à 9m2 de la surface au sol autorisée, pénalisant le Stradair et son long porte-à-faux avant.

Berliet réagit en étudiant la gamme K: le moteur est introduit dans la cabine du Stradair, celle-ci devenant basculante. Le bilan du Stradair demeure incontestablement positif: le véhicule est construit jusqu'en 1970 et il apporte une notoriété considérable à Berliet. Par ailleurs, la suspension Airlam va être appliquée à tous les autocars et autobus de la marque. Enfin, la suspension pneumatique va être adoptée en Europe par tous les constructeurs de tracteurs routiers et de semi-remorques, preuve de l'intérêt et de la pertinence d'une solution, utilisée également sur les voitures du TGV.