Fiche documentaire

Ecole des apprentis Berliet

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Ecole des apprentis, usine A, Monplaisir, 1920
Fondation de l’automobile Marius Berliet - Lyon (1920)

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Opération de meulage, école technique Berliet à Monplaisir, cliché Jacques Thévoz, 1962
Thévoz Jacques Fondation de l’automobile Marius Berliet - Lyon (1962)

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Elève soudeur, école technique Berliet à Monplaisir, cliché Jacques Thévoz, 1962
Thévoz Jacques Fondation de l’automobile Marius Berliet - Lyon (1962)

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Elève soudeur, école technique Berliet à Monplaisir, cliché Jacques Thévoz, 1962
Thévoz Jacques Fondation de l’automobile Marius Berliet - Lyon (1962)

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Elève de l’école technique Berliet à Monplaisir, cliché Jacques Thévoz, 1962
Thévoz Jacques Fondation de l’automobile Marius Berliet - Lyon (1962)

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Stagiaires africains, école technique Berliet à Monplaisir, cliché Jacques Thévoz, 1962
Thévoz Jacques Fondation de l’automobile Marius Berliet - Lyon (1962)

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Salle de cours de l’école technique Berliet à Monplaisir, cliché Jacques Thévoz, 1962
Thévoz Jacques Fondation de l’automobile Marius Berliet - Lyon (1962)

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Stagiaire africain, villa Berliet à Lyon, cliché Jacques Thévoz, 1962
Thévoz Jacques Fondation de l’automobile Marius Berliet - Lyon (1962)

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Match de Basket, école technique Berliet de Monplaisir, cliché Jacques Thévoz, 1962
Thévoz Jacques Fondation de l’automobile Marius Berliet - Lyon (1962)

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Centre de formation de Monplaisir, cliché Jacques Thévoz, 1962
Thévoz Jacques Fondation de l’automobile Marius Berliet - Lyon (1962)

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Centre de formation de Monplaisir, cliché Jacques Thévoz, 1962
Thévoz Jacques Fondation de l’automobile Marius Berliet - Lyon (1962)

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Centre de formation de Monplaisir, cliché Jacques Thévoz, 1962
Thévoz Jacques Fondation de l’automobile Marius Berliet - Lyon (1962)

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Elèves de l’école technique Berliet de Monplaisir, cliché Jacques Thévoz, 1962
Thévoz Jacques Fondation de l’automobile Marius Berliet - Lyon (1962)

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Elèves de l’école technique Berliet de Monplaisir, cliché Jacques Thévoz, 1962
Thévoz Jacques Fondation de l’automobile Marius Berliet - Lyon (1962)

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Elèves de l’école technique Berliet de Monplaisir, cliché Jacques Thévoz, 1962
Thévoz Jacques Fondation de l’automobile Marius Berliet - Lyon (1962)

Au début du XXe siècle, il n'existe rien en matière d'enseignement technique de base. Plus de 80% des jeunes ouvriers ne reçoivent aucune formation professionnelle. L' apprentissage existe bien, mais le jeune ouvrier est confiné dans de petits travaux simples et sert un peu de domestique aux plus anciens. Quant aux écoles professionnelles, elles s'adressent à des ouvriers déjà formés pour leur apporter des compléments de formation, en dessin par exemple. Cette carence va souvent obliger les industriels à créer des écoles d'apprentissage jumelées à leur entreprise. Ce seront les écoles de fabriques.

La première approche d'une formation interne à l'entreprise commence en 1906 avec la création de "l'école des chauffeurs" pour répondre déjà aux besoins de ses clients d'avoir un personnel formé à la mécanique et à l'entretien. Mais les vrais débuts d'une formation professionnelle apparaîtront chez Berliet en 1908, avec les débuts de l'école des apprentis. Cette école devait répondre aux besoins en main-d'oeuvre qualifiée nécessaire au fonctionnement d'une usine moderne, besoins non remplis par un quelconque enseignement extérieur. Cet enseignement ne devait pas être que technique mais devait aussi apporter une formation humaine, morale pour créer des liens avec l'entreprise. Le jeune garçon, était là pour se former mais était déjà responsabilisé comme un ouvrier en travaillant à la production pour rentabiliser sa formation.

L'enseignement se déroule sur 3 ans dans l'enceinte de l'usine de Monplaisir. Il doit être complet et polyvalent car les progrès constants, qui  faisaient passer du bois à l'acier et plus tard de l'essence au diese, devaient être maîtrisés par du personnel qualifié. Il est dispensé dans la journée avec 2h de cours et 8h de formation atelier et reste très proche des réalités de l'entreprise,  par exemple avec la table aux rebuts. Les apprentis obtiennent le "brevet d'apprentissage".

A partir de 1919, la loi Astier apportera plus de cohérence dans l'apprentissage, avec la volonté de dispenser en parallèle un enseignement théorique. En 1934, l'école des apprentis prend un nouveau virage.Tout d'abord, les élèves doivent suivre des cours d'enseignement général devenus obligatoires, à la SEPR (Société d'enseignement professionnel du Rhône). Ensuite, la diversification des fabrications suite à la crise a obligé l'entreprise à aborder des techniques différentes telles que la chaudronnerie. L'enseignement ne peut plus se limiter à l'accomplissement de tâches précises propres à l'atelier mais doit devenir plus général. La méthode "maison" est remplacée par des manuels techniques et pédagogiques. C'est la véritable entrée du CAP dans l'école et avec très rapidement des résultats supérieurs à la moyenne de la région. Elle gagne en autonomie par la création d'un atelier propre à l'école. Ainsi elle reprend tout naturellement le nom de "l'école des apprentis" et ses effectifs vont passer à 150 élèves environ. La réputation de l'école est également reconnue dans les autres entreprises du secteur, qui ont les mêmes besoins de main-d'oeuvre qualifiée. Aussi l'école des apprentis servira très longtemps de réservoir où puiseront sans retenue les entreprises métallurgiques et mécaniques de la région.

En 1943, l'école se transforme et intègre le perfectionnement avec l'arrivée d'un nouveau directeur, Charles Jaboulay, qui élève le niveau de formation jusqu'au brevet professionnel de la métallurgie, soit 2 années après le CAP. L'enseignement général passe à 1 jour entier par semaine. En 1949, la création des centres d'apprentissage répond de plus en plus aux besoins en main-d'oeuvre élémentaire. L'école doit évoluer vers un autre type d'enseignement correspondant aux nouvelles demandes de l'entreprise en matière de personnel qualifié. C'est ainsi qu'en 1952, l'Ecole Technique Berliet, agréée par l'Education Nationale, remplace l'école des apprentis. En 1957, l'ETB devient un véritable collège technique avec, d'une part, une filière apprentissage, et, d'autre part, une section technique de la 4e à la 1re pour obtenir le Brevet d'Enseignement Technique Berliet.

La réforme de l'enseignement de 1966 privilégie de plus en plus l'enseignement théorique et général. l'ETB doit suivre mais ne répond plus ainsi aux objectifs de formation qualifiante pour l'entreprise. La direction de Berliet en prend acte et ferme l'ETB en 1970 pour se consacrer à la formation continue.

L'Ecole Technique avait un rôle plus large que la seule formation des élèves, elle était aussi un organe de communication externe de la Société. Son journal, TAF pour Tourneur Ajusteur Fraiseur en 1945, se veut le lien entre l'école et l'entreprise. Il sera remplacé par ETB Contact en 1961 qui en vantant les grandes réalisations de l'entreprise, développera la réputation de Berliet. Les organes d'expression interne y furent très tôt favorisés, avec le conseil des jeunes puis en 1958 le Cercle des Parents qui fixeront le règlement intérieur. Des débats sont périodiquement organisés avec des conférenciers.

Même si l'enseignement a évolué vers une approche plus théorique, l'école technique reste au service de l'entreprise. Ainsi, à partir de 1958, elle est mise au service des intérêts commerciaux de Berliet. C'est l'expansion en Afrique qui doit être suivie voire précédée de la mise en place du Service. Il faut apprendre à réparer, à commander les bonnes pièces, à connaître les caractéristiques des véhicules. Des stagiaires africains viennent en stage de 9 mois à Lyon et sont pris en charge complètement comme dans une nouvelle famille.

Parallèlement, des centres de perfectionnement sont ouverts en Afrique et à Madagascar.

A la fermeture de l'école en 1970, ne subsisteront que deux types d'enseignement: la formation continue du personnel de l'entreprise et la formation du réseau pour assurer l'actualisation du savoir-faire du personnel technique des concessionnaires sur les nouveaux produits et nouvelles méthodes de réparation.