Fiche documentaire

Audibert & Lavirotte

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Affiche Audibert & Lavirotte, dessin de Louis Hurvet, 1897
Hurvet Louis Fondation de l’automobile Marius Berliet - Lyon (1897)

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Torpille Audibert & Lavirotte, voiture de course, 1901
Fondation de l’automobile Marius Berliet - Lyon (1901)

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32 HP Audibert & Lavirotte, voiture de course devant le Grand café Terminus, 1901
Fondation de l’automobile Marius Berliet - Lyon (1901)

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Maurice Audibert devant une de ses automobiles, 1900
Fondation de l’automobile Marius Berliet - Lyon (1900)

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Simone Audibert enfant sur un châssis automobile, 1900
Fondation de l’automobile Marius Berliet - Lyon (1900)

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Maurice Audibert et deux enfants sur un tricycle Serpollet, 1896
Fondation de l’automobile Marius Berliet - Lyon (1896)

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Omnibus, voiture de livraison et camion d’usine Audibert & Lavirotte, La France Automobile n° 28 - 9 juillet 1898, p.240
Fondation de l’automobile Marius Berliet - Lyon (1898)

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Petit-Duc, wagonnette, victoria et mail car Audibert & Lavirotte, La France Automobile n° 28 - 9 juillet 1898, p.241
Fondation de l’automobile Marius Berliet - Lyon (1898)

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Automobiles, équipements et Médaille d’argent de l’Exposition universelle de Paris 1900 de la marque Audibert & Lavirotte, La France Automobile n°5 - 2 février 1901
Fondation de l’automobile Marius Berliet - Lyon (1901)

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Couverture du catalogue Audibert & Lavirotte 1901
Fondation de l’automobile Marius Berliet - Lyon (1901)

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Vue générale, usine Audibert & Lavirotte, catalogue Audibert & Lavirotte 1901, p.2
Fondation de l’automobile Marius Berliet - Lyon (1901)

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Ateliers, usine Audibert & Lavirotte, catalogue Audibert & Lavirotte 1901, p.3
Fondation de l’automobile Marius Berliet - Lyon (1901)

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Stand 96, Audibert & Lavirotte au Salon de l’auto, catalogue Audibert & Lavirotte 1901, p.4
Fondation de l’automobile Marius Berliet - Lyon (1901)

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Voiture et tramway, usine Audibert & Lavirotte, 1895
Fondation de l’automobile Marius Berliet - Lyon (1895)

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Omnibus Audibert & Lavirotte, entraînement par chaînes et poste de pilotage intérieur, 1898
Fondation de l’automobile Marius Berliet - Lyon (1898)

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Conduite intérieure Audibert & Lavirotte, avec pare-brise galbé, 1898
Fondation de l’automobile Marius Berliet - Lyon (1898)

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Atelier avec trois véhicules, catalogue Audibert & Lavirotte 1901, p.3
Fondation de l’automobile Marius Berliet - Lyon (1901)

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Atelier des machines, catalogue Audibert & Lavirotte 1901, p.3
Fondation de l’automobile Marius Berliet - Lyon (1901)

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Portrait d’Emile Lavirotte, L’Annual 1908
Fondation de l’automobile Marius Berliet - Lyon (1908)

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Portrait de Maurice Audibert
Fondation de l’automobile Marius Berliet - Lyon

Créée en 1895, Audibert & Lavirotte peut être considérée comme l'une des toutes premières marques de construction automobile d'origine lyonnaise.

Emile Lavirotte est né en 1870. Il vient de l'industrie de la soie et commence sa carrière dans l'automobile en 1892, en construisant son premier moteur. Il est lourd et encombrant et ne fonctionne pas très bien. Pourtant Emile Lavirotte ne se décourage pas et s'associe avec Maurice Audibert, son aîné de 3 ans, ingénieur formé à l'Ecole Centrale de Lyon.

Début 1895, Maurice Audibert et Emile Lavirotte obtiennent la représentation des omnibus et trains routiers Scotte fonctionnant à la vapeur. Ces véhicules sont fabriqués par les chantiers de l'Horme et La Buire, spécialisés dans la construction de matériels roulants pour les chemins de fer et les tramways. En juin 1895, les ventes ont pris de l'ampleur et le contrat de représentation est transformé en licence de fabrication et de vente exclusive pour la France, les pays limitrophes et l'Angleterre. Cette nouvelle orientation laisse Maurice Audibert et Emile Lavirotte libres de fabriquer et de vendre tous les véhicules de leur choix, électriques ou à pétrole, à condition qu'ils ne fonctionnent pas à la vapeur.

Le 16 avril 1896, la première “Société en nom collectif des Automobiles Audibert & Lavirotte“ est constituée. Elle loue le “Clos d'en bas“, un terrain situé à côté de la propriété de la famille Audibert, dans le quartier de Monplaisir à Lyon et commence l'assemblage des trains Scotte, ainsi que la construction des premières automobiles Audibert & Lavirotte.

Emile Lavirotte nous parle de la première d'entre elles: "...Elle était magnifique. Le moteur horizontal et sans carter, nous l'avions copié sur celui de Benz. Mais tout en l'imitant, nous l'avions amélioré. Tout comme Benz, nous avions adopté la transmission par courroies. Le problème nous semblait résolu car il était plus facile de faire tourner deux arbres avec des courroies qu'avec des engrenages. Nous n'avions oublié qu'un seul détail: lorsqu'il pleuvait, les courroies s'allongeaient. Il fallait alors les raccourcir et remettre des agrafes..."

Fin 1896, Maurice Audibert et Emile Lavirotte trouvent de nouveaux commanditaires. L'entreprise est florissante. Elle compte 500 employés et ouvriers, son outillage est ultramoderne, et une usine créée à Saint-Chamond fournit celle de Lyon en pièces coulées et forgées. La devise de la maison est: "On ne peut garantir que ce que l'on fabrique soi-même." 

La même année, au quatrième Salon du cycle et de l'automobile, les commentaires sont élogieux. Dans son compte rendu pour La France Automobile, le journaliste Louis Lockaert écrit: "Le stand Audibert & Lavirotte, amplement garni de véhicules mus par le pétrole et de formes très diverses, est à citer parmi les plus intéressants. Un des types les mieux réussis est une Victoria de forme très élégante, avec un strapontin permettant de transporter deux ou quatre voyageurs. Un guidon à colonne verticale commande la direction. Le moteur, placé à l'arrière, est un monocylindre de 8ch, à quatre temps. Vitesse: 30km/h. Autonomie de route: 250 km.“

En août 1898, la société en commandite se transforme en "Société Anonyme des Anciens Ets Audibert & Lavirotte." Son capital est de 1200000 francs et son siège social est situé au 12 rue des Quatre Maisons à Lyon Monplaisir (devenue par la suite rue Audibert et Lavirotte en hommage à ces pionniers de l'automobile lyonnaise). La gamme ne comprend pas moins de 7 modèles qui vont du Petit Duc à deux places à la grosse berline de voyage. Le catalogue vante les mérites de cette dernière: "On peut la conduire de l'intérieur. Le conducteur reste à l'abri et ne craint ni les intempéries… ni la poussière."

En 1899, la société Audibert & Lavirotte étudie un modèle entièrement nouveau, avec moteur vertical situé à l'avant, comprenant 2 ou 4 cylindres selon la puissance désirée. Les succès en compétition ne tardent pas. Le 24 mars 1899, une automobile de marque Audibert & Lavirotte remporte la catégorie des 4 places dans la côte de la Turbie, devançant les Daimler de 34 secondes. La même année, la marque est au départ de la course Nice Puget-Théniers. En 1900, le constructeur lyonnais présente un modèle destiné uniquement à la compétition. Sa puissance est de 32ch, il atteint 80 km/h. Une de ces voitures termine troisième du Prix de Draguignan, une autre se classe en seconde position à la Coupe du Sud-Est. Tout semble aller pour le mieux pour la firme de Monplaisir: l'annuaire 1900 des propriétaires d'automobiles recense alors 77 propriétaires d'une Audibert & Lavirotte en France.

En 1901, la marque Audibert & Lavirotte remporte les 1re, 2e et 4e places des éliminatoires de la Coupe du Sud-Est, mais faute de moyens financiers, la marque ne peut amener ses voitures jusqu'à Nice pour la finale. C'est le signe du déclin. Le manque de trésorerie limite les ambitions du constructeur: la dernière apparition des automobiles Audibert & Lavirotte en compétition est la course du kilomètre lancé de Lyon, où Deydier remporte la victoire de la première catégorie au volant d'une 24ch. 

Il est alors devenu urgent de compléter le capital social par un appel de fonds auprès des actionnaires. En effet, lors de la constitution de la Société Anonyme en 1898, un quart seulement du capital a été appelé. 

Une assemblée générale est convoquée le 27 novembre 1901. Or la concurrence s'est développée avec l'apparition de nouveaux constructeurs ou assembleurs: Berliet, Pilain, Luc Court… L'assemblée des actionnaires est particulièrement sensible à cet aspect et vote la résolution suivante: "Après avoir constaté la crise que traverse l'automobile, crise dont on ne peut prévoir l'issue, l'Assemblée décide qu'il n'y a pas lieu de continuer la fabrication des voitures et donc de dissoudre immédiatement la Société."

C'est Marius Berliet qui acquiert, dès l'année suivante, les ateliers Audibert & Lavirotte: une opération qui lui permet de donner un essor considérable à sa production de véhicules de série. Quant aux créateurs de la marque, ils ont continué leur carrière dans l'automobile: Maurice Audibert chez La Buire et Rochet-Schneider, Emile Lavirotte chez Berliet.