Fiche documentaire

La Sans Secousses

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Roue d’une “Sans Secousses” Cottin & Desgouttes au cours du rallye saharien 1930, avec pilotes et africains
Fondation de l’automobile Marius Berliet - Lyon (1930)

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Arrivée à Timimoun de la “Sans Secousses” Cottin & Desgouttes lors du rallye saharien 1930
Fondation de l’automobile Marius Berliet - Lyon (1930)

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“Sans Secousses” Cottin & Desgouttes, type TA, 1930
Fondation de l’automobile Marius Berliet - Lyon (1930)

Le moteur de la Sans Secousses est un 4 cylindres 80x130mm à culasse rapportée (ce qui permet d'usiner entièrement les chambres d'explosions), et à trois soupapes culbutées par cylindre. L'arbre à cames est commandé par une chaîne silencieuse. Les pistons, en fonte spéciale, comportent cinq segments, l'un d'eux faisant office de racleur d'huile; les bielles sont tubulaires. Comme sur le modèle classique précédent, il existe un double système d'allumage.

Un dynamoteur Paris Rhône (type D2CT), en prise directe avec le vilebrequin, assure le lancement du moteur et la charge de la batterie. L'alimentation en essence comporte un carburateur Zénith à triple diffuseur du type horizontal, alimenté par un exhausteur puisant l'essence dans un réservoir arrière.

Mentionnons encore l'embrayage, du type monodisque, et la boîte de vitesses à quatre rapports avant et un rapport arrière, avec baladeurs à double verrouillage.

La voiture comporte le freinage sur les quatre roues, ce qui n'est déjà plus une innovation. Mais les transformations apportées à la suspension particulière de ce véhicule obligent à innover et à adapter la commande des freins au débattement inhabituel des quatre roues. Il en est de même de la direction, du type à double timonerie, qui supprime radicalement le "shimmy", défaut fréquent et très désagréable sur les voitures des années 20.

La suspension est, chose tout à fait nouvelle, à roues indépendantes, tant à l'avant qu'à l'arrière. A l'arrière, cette suspension est réalisée par quatre ressorts transversaux (deux supérieurs et deux inférieurs), disposés en carré et fixés sur le carter du pont. Leurs extrémités sont articulées sur des boîtiers à roulements en alpax portant les roues. La transmission aux roues motrices a évidemment dû être totalement repensée et s'opère au moyen de deux arbres transversaux liés au différentiel et aux roues par des joints Glaenzer à croisillons.

A l'avant, l'essieu est supprimé et remplacé par un ressort transversal, fixé en son milieu à une traverse en forme de V montée de façon élastique aux extrémités des longerons. Le ressort se termine par deux rouleaux s'articulant par des glissières à rotule sur des chapes fixées à la partie inférieure des pivots de fusée. Par mesure de sécurité, les trois lames principales du ressort entourent les rouleaux, de sorte qu'en cas de rupture d'une lame quelconque pendant la marche, tous les risques d'accident sont supprimés. Les pivots de fusée, ainsi maintenus par le ressort à leur partie inférieure, sont en outre guidés à leur partie supérieure dans les glissières à rotule montées dans des boîtiers solidaires des extrémités de la traverse en V.

Les premiers modèles de la Sans Secousses reçoivent des moteurs de 12 et 16ch  puis, au Salon de 1927, on voit apparaître une 10ch, avec un moteur 6 cylindres 63x90mm, à vilebrequin équilibré statiquement et dynamiquement; les sièges des soupapes sont refroidis à l'eau.

Au Salon de 1928, deux modèles sont présentés: une 6 cylindres 11ch (65x100mm) et une 6 cylindres 18-20ch (82x112,5mm). La conception générale reste inchangée.

Pour le Salon de 1929 sort une 6 cylindres de 14ch (72x102mm). C'est le dernier modèle de la marque.