Les hommes et la vie de l’entreprise

Les Berliet sont des acteurs marquants du patronat français du XXe siècle, grâce à une approche plus ou moins paternaliste de la gestion des ressources humaines. Les dirigeants ont su imprimer dans le cœur des salariés un fort sentiment d’appartenance à l’entreprise malgré les luttes sociales. Les leaders syndicaux de chez Berliet n’hésitent pas à s’identifier publiquement à leur entreprise, à la « maison » Berliet.

Berliet : la gestion des ressources et des relations humaines

Une entreprise ne se résume pas qu’au profit, elle est aussi le cadre d’une histoire de relations humaines et identitaires impliquant les salariés et leur lieu de travail. Elle crée des solidarités basées notamment sur des affinités professionnelles, des compétences communes ou parce qu’on est dans le même secteur d’activités. Berliet est considéré aujourd’hui comme dépositaire d’un patrimoine industriel qui permet de transmettre une histoire vivante. C’est l’objectif de la Fondation de l’Automobile Marius Berliet qui entretient, valorise et pérennise cette mémoire.

Le succès de Berliet s’est construit avec la contribution d’artistes célèbres de diverses branches. Le constructeur lyonnais reconnait l’importance de ces acteurs dans sa politique de communication et la valorisation de l’image de l’entreprise. Parmi les artistes associés à la marque se trouvent des publicitaires (René Vincent), des écrivains (Tristan Bernard), des architectes et décorateurs (Paul Bruyas, Louis Majorelle), des acteurs de cinéma, des designers et d’illustres photographes pour des documentaires sur les usines Berliet.

Les conflits sociaux dans les usines Berliet sont indissociables de l’histoire de cette entreprise qui a été longtemps un des fleurons industriels de la région Rhône Alpes et de toute la France.

Aucune entreprise n’échappe aux revendications de ses travailleurs, autant pour Berliet qui va connaitre sa première grande grève avec l’introduction du chronométrage en 1912. Cette innovation technologique est appréhendée comme néfaste par les ouvriers de la chaine de montage. Cette grève se solde par un échec, mais elle est suivie par une autre plus de deux décennies plus tard (1936) pour un refus ferme de Marius Berliet d’augmenter les salaires.

L’approche sociale du constructeur lyonnais durant toutes les années de son activité se présente sous différents aspects qui prennent en compte le mieux-être du travailleur et de sa famille. L’action de Berliet en matière de politique sociale consiste à adopter plusieurs mécanismes de rémunération des ouvriers avec l’institution de diverses primes. L’entreprise met en place une assurance sociale pour les employés et leur famille, la création de logements près de l’usine de Vénissieux avec une crèche alimentée en vivres. Un centre de formation est également créé pour former des jeunes en vue de leur insertion professionnelle et sociale.

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