Les conflits sociaux

Les relations sociales chez Berliet : une histoire passionnelle et mouvementée

L’histoire de Berliet a été marquée de grandes crises sociales causées notamment par des facteurs politiques et les mesures exigeantes du créateur de la marque automobile lyonnaise. Les conflits sociaux au sein de l’entreprise de Marius Berliet ont été souvent d’un grand enjeu pour les syndicalistes, compte tenu de sa taille et de son importance dans le tissu socio-économique français à l’époque.

La première grève majeure chez Berliet

La première grève chez la marque Berliet remonte à 1906, un remous qui atteint son premier point culminant en 1912, année où Marius Berliet prend la décision d’expérimenter le chronométrage dans ses usines. Cette révolution marque le début du taylorisme qui évalue le travail des ouvriers par le temps opératoire. Les pratiques artisanales font désormais place à l’ère industrielle.

En réalité, Marius Berliet cherche à éliminer les temps non productifs, mais l’explication et la préparation de cette mesure est mal ficelée, ce qui a créé un mécontentement des travailleurs qui y voyaient une atteinte à leur liberté. Ils se mettent alors en grève, arrêtant de travailler à l’apparition du chronométreur. Berliet finit par imposer le chronométrage même si cet arrêt de travail touche tous les ateliers de l’usine. Cependant les tensions persisteront pendant longtemps entre les travailleurs et les chronométreurs.

La seconde grande crise

Berliet connaît son deuxième grand conflit social en mars 1936, une grève déclenchée par les outilleurs de l’atelier tôlerie et de l’emboutissage qui finit par se propager dans tous les autres métiers de l’usine. Ces ouvriers réclament une augmentation de salaire, refusée catégoriquement par Marius Berliet qui fermera l’usine, écrivant lui-même sur une des portes des ateliers : « fermé pour cause de grève ». Cette fermeté du constructeur automobile pousse les journaux de gauche à le surnommer le « patron de combat ».

Après près d’un mois de grève, deux mille ouvriers reprennent le travail, suite à des accords, marquant la fin d’un mouvement de grève de très grande ampleur.

Des mesures pour prévenir les conflits sociaux

Le constructeur lyonnais bénéficie d’une période faste quelques années après la Deuxième Guerre mondiale. Le nombre d’ouvriers dans l’usine de Vénissieux augmente annuellement de mille personnes entre 1967 et 1974. L’entreprise A.M.Berliet exporte 50% de sa production à l’étranger, une performance qui la place parmi les sociétés françaises les plus exportatrices.

Cependant, l’entreprise possède une lacune, le fait que tous les services et les ateliers sont regroupés au même endroit. Cette situation complique la gestion des conflits sociaux et facilite la généralisation des grèves.

L’entreprise décide  alors de délocaliser les activités sur différents sites (Bourg, Chambéry, Saint-Étienne, L’Arbresle) pour éviter une paralysie de l’usine et pour rapprocher le travail des bassins d’emploi régionaux. L’usine de Vénissieux sera néanmoins touchée par la crise sociale de 1968 à travers une grève de 6 semaines, la dernière grande crise dans l’histoire de Berliet.

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