Une innovation technologique : Le diesel

L’impact du Diesel sur le transport routier : l’exemple des technologies développées et mises en œuvre par Berliet

Le moteur Diesel est une des innovations technologiques majeures dont les constructeurs de véhicules industriels ont bénéficié au cours des années 1920 et 1930. Ce type de motorisation était adapté aux pneumatiques gonflables qui venaient de remplacer les bandages traditionnels qui équipaient jusque-là les camions.

Contexte de création des moteurs Diesel

Les constructeurs automobiles étaient autorisés à augmenter la charge utile des camions jusqu’à 10 tonnes et la vitesse de pointe à au moins 50 km/h. Les moteurs Diesel plus rapides à l’époque, délivrant entre 1500 et 2000tr/mn, pouvaient développer la puissance nécessaire pour ces nouveaux véhicules tout en permettant un rapport prix/puissance raisonnable. De plus, cette motorisation a été adoptée sur les poids lourds, grâce au prix du gasoil plus bas que celui de l’essence et à la faible consommation de ce type de moteur.

Le système d’injection du gasoil

Le système d’injection du gasoil est un composant essentiel du moteur Diesel. Son fonctionnement se base sur une auto-inflammation, c’est-à-dire un allumage spontané du combustible dans l’air sous une forte température générée par une compression rapide dans le cylindre.

Ce principe est contraire au fonctionnement du moteur à essence qui exige une étincelle à l’allumage du combustible. Le moteur à gasoil est conçu pour la première fois en 1897 par l’ingénieur allemand Rudolf Diesel. Son adoption est tardive, car il s’agit à l’époque d’une technologie trop complexe.

Des constructeurs français commencent à perfectionner ce système dans les années 1920 en améliorant ses performances et son rendement. Cette modification va faciliter le démarrage, diminuer les fumées, les vibrations et les bruits. Parmi les innovateurs du système Diesel, on retrouve les constructeurs Bernard (licence Gardner), Panhard et Somua (licence Lanova), Rochet-Schneider (Oberhansli).

Berliet opte pour la licence A.C.R.O. comprenant l’usage d’un piston à chambre d’accumulation. Le constructeur lyonnais produit à partir de 1934 une gamme de sept moteurs de quatre et six cylindres, de sept à quatorze litres.

Au final, il choisit la licence Ricardo en 1935 qui prévoit un piston à chambre de turbulence dans la culasse. Cette version obtient un grand succès durant une vingtaine d’années avant l’apparition d’une nouvelle technique développée par MAN en 1956.

L’introduction du Turbo

En 1962, Berliet développe le turbo dans son Centre d’Études et de Recherches. Les travaux permettent d’aboutir à une maîtrise de l’injection directe sur les moteurs, une technique qui va équiper les voitures berlines ou des particuliers 20 ans plus tard. L’injection du gasoil crée une augmentation de la compression, passant de cinq à une quinzaine de kilos, avec une explosion brisante importante. Cela exige des pièces de moteur lourdes, volumineuses, robustes, ainsi qu’une chaine cinématique très résistante.

L’avènement du moteur Diesel entraine donc une nouvelle façon d’étudier les pièces, de réaliser le métal et l’usinage. Le constructeur lyonnais a su maîtriser ces techniques dans les années 1930, grâce à son usine entièrement intégrée.

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