L’automobile en Rhône Alpes

Un foisonnement de constructeurs automobiles

La production des automobiles commence en France et en Allemagne dès la fin du XIXe siècle. La construction des premiers modèles s’enchaine avec la création des pièces nécessaires à leur fonctionnement et à leur assemblage (moteur à explosion, boîte de vitesses, volant…). Elles constituent toujours les principaux organes des véhicules actuels.

Les ingénieurs français se passionnent fortement au début du XXe siècle pour ce nouveau moyen de transport, une boulimie créative qui va aboutir à la naissance de près six cents marques de voiture à cette période. La majorité des sites de production se situe autour de Paris et Lyon. Plus d’une centaine de constructeurs s’installe près de Lyon sur les deux cents industriels en auto de la région Rhône-Alpes.

Les débuts de l’industrie automobile dans la région Rhône-Alpes

La création automobile et le développement de cette industrie dans la région lyonnaise à l’aube du XXème siècle sont favorisés par certains facteurs. De nombreux modèles de voitures en sortent pour conforter la position de Lyon comme le second pôle industriel de construction automobile français.

Les facteurs du développement automobile dans la région Rhône-Alpes à la fin du XIXe siècle

Les facteurs du développement automobile en Rhône-Alpes à la fin du XIXe siècle sont essentiellement la disponibilité en abondance des matières premières dans la région, notamment le fer, le charbon et la houille blanche, mais aussi le savoir-faire des industries mécaniques lyonnaises qui maitrisent le travail de transformation des métaux, grâce à leur proximité et leurs anciennes relations avec les industries sidérurgiques de la région.

Déjà en 1900, Rhône-Alpes accueillait des sociétés spécialisées dans la construction et la réparation de wagons, ainsi que dans la conception et la vente de métiers à tisser. Ces atouts reconnus dans le domaine de la mécanique étaient appuyés par des centres de formation performants comme l’Ecole Centrale et l’École de la Martinière.

Le grand nombre de métiers à tisser mécaniques dans la région vers la fin du XIXe siècle a généré une main-d’œuvre importante et qualifiée. C’est un facteur notable de la croissance de l’industrie automobile naissante dans cette partie de la France. Il faut ajouter à ces conditions favorables les capitaux importants investis massivement au niveau régional dans ce secteur industriel pour l’essor d’un nouvel outil de transport.

Les premiers moteurs et modèles automobiles

Le premier modèle automobile lyonnais sort des ateliers du constructeur Pierre Gabert en 1883 pour servir de convoyage aux employés d’une entreprise. Le second modèle est une voiture à trois roues construite en 1887 par Marius Patay, un fabricant de cycles qui va concevoir plus tard des moteurs électriques.

L’industrie lyonnaise de l’automobile a évolué à partir des ateliers de construction de machines à vapeur et de cycles, des unités très compétitives installées en grand nombre dans la région de Lyon et de Saint-Étienne au début du XXe siècle. La production de véhicules routiers à vapeur va perdurer entre 1890 et 1900, pour faire place progressivement à des véhicules équipés de moteur à explosion.

Le perfectionnement du moteur à pétrole sera tangible à la fin du XIXe siècle, notamment en 1885, année où Mieusset conçoit à Lyon un modèle expérimental de voiture doté d’un moteur à explosion à trois cylindres.

C’est en Allemagne cependant que sont réalisées en1890 les premières autos équipées de moteur à explosion parfaitement opérationnel, œuvres de Carl Benz et de Daimler & Maybach. Peu demandé en Allemagne, ce moteur connaît un succès en France où des opérateurs dans l’automobile comme Emile Roger valorisent cette innovation en important des voitures Benz.

Les constructeurs tels que Panhard & Levassor et Peugeot incorporent les moteurs Daimler dans leurs propres modèles. Par la suite, le moteur à explosion va être produit en France pour équiper des centaines de voitures.

L’évolution de l’automobile chez les constructeurs lyonnais

Édouard Rochet et Emile Lavirotte sont les premiers constructeurs de voitures à pétrole à Lyon. Le producteur de cycle Rochet, associé à Schneider, conçoit en 1892 un tricycle à moteur dans les ateliers du chemin Feuillat, à Lyon. Un an plus tard, Emile Lavirotte et Maurice Audibert, aidés de plusieurs ouvriers, construisent une automobile à moteur à explosion horizontal dans un petit atelier de fortune à Monplaisir.

Des constructeurs auto lyonnais s’inspirent des innovations en provenance de Paris, notamment des industriels tels que De Dion-Bouton, un fabricant de tricycles, et Panhard & Levassor. Ils réalisent à partir de ces solutions des modèles légers comme des vis-à-vis (les Mouches) produits entre 1898 et 1901 par Anatole Teste et Jules Moret. Les frères Rochet réussissent à fabriquer et à commercialiser de 1898 à 1905 des voitures pesant 200 kg.

La quête du confort et de la puissance conduisent des constructeurs à augmenter le poids de leur voiture. Audibert & Lavirotte mettent ainsi au point à partir de 1899 des automobiles avec des châssis pouvant être carrossés en double phaéton. Le modèle automobile lyonnais vis-à-vis, voiture milieu de gamme de Rochet-Schneider, s’impose sur le marché, grâce à son poids ni trop lourd, ni trop léger et à la transmission par cadran qui remplace celle de chaine dès 1900.

La Région Rhône-Alpes a continué à conserver jusqu’en 1914 sa place de second pôle industriel de l’automobile en France avant la Grande Guerre. Quinze constructeurs, dont Marius Berliet, étaient encore en activité à cette époque, employant au total six mille ouvriers et produisant annuellement environ six mille voitures.

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