Organiser la production

L’histoire de la société de construction automobile Berliet est un exemple qui décrit le développement de l’industrie automobile et de la transformation de l’outil de production en France vers la fin du XIXe siècle.

Du site de Monplaisir à celui de Vénissieux, l’expérience du taylorisme et de l’usine intégrée ainsi que l’adoption de la sous-traitance illustre parfaitement l’évolution de l’industrialisation de la France, en particulier la naissance d’un nouveau secteur d’activité dynamique, celui de l’automobile. Au début de l’ère automobile, le succès de la marque Berliet à travers ses sites, outils et techniques de production automobiles, l’organisation du travail, participe à la mémoire collective et à l’histoire de la région Rhône-Alpes.

Les sites industriels de Berliet

Marius Berliet monte une industrie intégrée au début du XXe siècle qui sera considéré comme une usine modèle par les experts de l’époque. Le site occupait plus de 30 000 m2 et comptait environ 3 000 ouvriers, dont la majorité était des ajusteurs. Le personnel comprenait également des usineurs, des tourneurs, des fraiseurs, des perceurs et des manœuvres. La plupart des travailleurs étaient de Lyon, les ouvriers rejoignant le site grâce à une ligne de tramway. De l’usine modèle de Monplaisir sortaient près de quatre mille châssis de voitures et de camions par an.

La construction de l’usine intégrée de Vénissieux a été inspirée par les grands sites industriels d’outre-Atlantique, installés en général près des zones de production de matières premières. Cela avait pour avantage de s’approvisionner sans rupture et à coût réduit de transport. À ces raisons, il faut ajouter l’absence d’embranchement ferroviaire de l’usine de Monplaisir, ce qui était handicapant pour l’expansion des activités.

Le complexe de Vénissieux s’étendait sur plusieurs centaines d’hectares, en pleine campagne, dans la périphérie de Lyon. Berliet voulait aussi éviter d’être piégé par une urbanisation rapide.

L’usine intégrait les nouvelles techniques industrielles qui permettaient de réaliser un véhicule complet sur un même site.

Berliet avait réussi à combiner l’intégration et la sous-traitance dans le fonctionnement de ses 2 usines. L’industriel lyonnais a opté pour des usines intégrées de construction de véhicules qui limitaient le recours à la sous-traitance.

Avant la création de Vénissieux, le constructeur dépendait beaucoup des fournisseurs situés dans différentes régions Françaises et proposant de nombreux composants entrant dans la fabrication de voitures et camions. Hormis les matières premières, cette dépendance devait cesser avec l’usine de Vénissieux qui avait vocation à tout produire sur place.d’une région qui devient peu à peu histoire.